Patrick Drahi (Numéricable) s'offre Coiffure de Paris

Le 25/07/2015 à 09h42 - Expert Zone

Il y a du rififi dans la presse pro une fois de plus, et c'est encore une fois Coiffure de Paris qui est sous le feu des projecteurs. En effet, nous avons appris via les Échos que Patrick Drahi, le PDG de Altice (Numéricable, Libération, L'Express...) a fait une proposition pour le rachat de Coiffure de Paris, Cosmétique Mag et Stratégie. Une nouvelle qui résonne comme un coup de canon dans le petit milieu de la presse professionnelle, et qui pourrait bien changer le marché à jamais... 
C'est l'entourage du charismatique PDG qui a confirmé hier "être entré en négociations exclusives avec le propriétaire de ces trois titres." A l'origine propriétaire du groupe Reed Business, la société s'est séparée des titres pour les revendre un un groupement composé d'anciens cadres de la société, et de la banque d'investissement Rotschild il y a environ 2 ans. Mais le changement de main n'a rien changé à la destinée du magazine, qui peine de plus en plus à convaincre. Perte d'audience, perte de revenus publicitaires... La barre se redresse difficilement. "Nous devrions arriver à un petit équilibre après avoir investi dans l'outil depuis plus de 2 ans" avoue le président d'Intescia Alexandre Sidommo, sans pour autant dévoiler le montant de l'acquisition. 

Patrick Drahi Coiffure de Paris


Mais l'arrivée de Patrick Drahi à la tête de Coiffure de Paris pourrait bien changer les choses drastiquement. En effet, le marché de la presse professionnelle de coiffure est depuis des années en mutation sans qu'un acteur ne prenne le pas sur les autres. Pourtant, une refonte en profondeur de ses fondements est nécessaire, et la machine à cash Altice (30 000 employés, 14 milliards d'euros de CA, 30 milliards d'euros de valorisation boursière) pourrait bien en être l'élément déclencheur... En effet :

- La presse subit depuis quelques années des difficultés financières importantes face au recul des investissements publicitaires sur les supports papiers pour un report sur le web

- La presse pro a complètement loupé le virage du numérique, et s'est fait grignoter des parts de lectorats par de nouvelles initiatives privées à l'organisation plus agile et moins coûteuse

- Les abonnements aux titres de la presse professionnelle sont en chute libre depuis des années, le budget consacré à l'information faisant partie des budgets arbitrables des coiffeurs en période de crise

- Les business models d'antan sont petit à petit grignotés par de nouvelles technologies (à l'image des offres d'emploi, cash machine de L'Éclaireur qui se fait grignoter un peu plus chaque mois par les sites internet d'annonces gratuites, comme Le Bon Coin). 

- Le marché de la presse professionnelle de coiffure est dans son ensemble géré de manière artisanale. L'arrivée d'un acteur rompu aux méthodes de la presse, et avec des moyens financiers sans limites et une organisation éprouvée risque bien d'étouffer toute forme de concurrence


Bref, vous l'aurez compris, ce qui est en train de se passer est tout simplement un mouvement historique dans le milieu de la presse professionnelle. Un mouvement qui risque bien de changer durablement la face de la presse pro dans les mois à venir. En ce qui nous concerne, nous sommes ravis de voir que les choses bougent. Le marché de la presse pro est endormi depuis bien trop longtemps, et cette nouvelle entrée sur le marché va forcer les acteurs à évoluer, et à sortir de leur zone de confort, pour le plus grand plaisir des coiffeurs !