Premier coiffeur ou le client paie ce qu'il veut

Le 23/02/2010 à 09h40 - Infos coiffure

Cela fait toujours mal au cœur de devoir payer une fortune pour une coupe de cheveux qui ne vaut pas 1/4 du prix. En dupliquant en France un concept qui cartonne en Angleterre, Alexandre et Gaëtan Garnier se sont lancé dans un pari fou : créer un salon de coiffure ou le client paye la somme qu'il veut. Un bon moyen de juger le niveau de satisfaction d'un client. Retour sur cette première dans le monde de la coiffure qui fait fureur à Troyes...

Le lancement de ce salon de coiffure original a comme un goût de pari quand on entend les 2 coiffeurs associés parler de leur idée. Après avoir ouvert un premier salon de coiffure "classique" en 2007, les 2 coiffeurs se sont lancé dans un projet audacieux : proposer le premier salon de coiffure ou le client paye ce qu'il veut. « On voulait se différencier des autres salons de coiffure. À l'époque on était en pleine crise économique, nous cherchions à étoffer notre clientèle. Nous nous sommes inspirés d'une idée lancée en Grande-Bretagne chez les restaurateurs » explique Alexandre.

Un pari risqué quand on sait que certains "petits malins" essaient de faire des affaires en ne rémunérant pas les coiffeurs après une prestation. « On voyait arriver les gens qui cherchaient à abuser. Des gens qui veulent profiter, il y en aura toujours c'est à nous de leur expliquer gentiment » précisent les coiffeurs. Mais il semblerait que les profiteurs soient un très faible minorité : « Dans l'ensemble, les gens sont honnêtes et font aussi en fonction de leur budget. Ici, ils peuvent se faire plaisir à des prix qui sont abordables ».

D'ailleurs, fait étonnant, de nombreux clients se montrent bien plus généreux qu'ils n'auraient à le faire dans un salon classique, en rémunérant des coupes-brushing aux alentours de 80 euros. Afin de se prévenir de toute dérive, et pour mettre à l'aise les personnes qui ont du mal à évaluer le prix d'une coupe, les coiffeurs ont opté pour un "prix plancher" : 10 euros pour les hommes, 18 euros pour les femmes (coupe + brushing) et 35 euros pour une coloration. « Au début ça intriguait beaucoup. C'était aussi un très bon moyen de communication » précisent les coiffeurs.

Le concept aurait pu les ruiner ou rebuter la clientèle, mais c'est tout le contraire. « On travaille beaucoup, on a fait une très bonne année 2009 » précise Alexandre. A tel point qu'ils ont déjà embauché une coiffeuse, et qu'ils prévoient une 2nde embauche au cours de l'année. Alors que 2009 a été l'année de crise pour le salons, avec beaucoup de fermetures de locaux, les 2 coiffeurs ont agrandi leur surface.

Un excellent concept qui permet de se démarquer de la concurrence en surfant sur le créneau des coiffures à petit prix, tout en jouant sur la corde affective des clients, qui, au final, dépensent autant voir plus que dans un salon traditionnel.