Reprenons des nouvelles du coiffeur de Compostelle !

Le 25/07/2016 à 10h07 - Expert Zone

Cela fait un petit moment que nous n'avions pas pris de nouvelles du coiffeur de Composetelle, Alain Lecoeur, qui a entamé son pèlerinage il y a maintenant presque 3 mois. Alain a parcouru une sacrée distance, et nous n'avions pas fait le point sur son avancée depuis la fin juin, il est nécessaire de faire une petite mise à jour ! 


- Guesmes le 1/7 : c'est avec des coups de soleil que je prends le bac pour Santonia et retrouver Christian ce pèlerin qui a cheminé avec moi depuis la frontière. Direction la jolie ville balnéaire de Santander. 13 heures nous nous arrêtons dans une auberge pour déjeuner. J'arrive à l'auberge de Pellegrinos du Padre Ernesto, très belle soirée de partage et de communion avec 60 pèlerins. Dire que c'est l'auberge espagnole est un doux euphémisme; je rencontre Fabienne autrichienne , Daniela, Roumaine et Monica, tchèque. Je leur attribue le titre de plus jolies pèlerines rencontrées sur le chemin, et elles le conserveront tant que Monica Bellucci et Cameron Diaz refuseront de s'aventurer sur ce merveilleux chemin. Nuit d'enfer, le profond canapé et ma sieste étaient infectés de puces, je lave donc la totalité de mon sac et repart avec des vêtements humides. Malheureusement mon ami Christian rend les armes et reprends un vol pour Paris.




- Santillana del Mar le 2/7 : ville médiévale et touristique. C'est curieux ces touristes qui veulent vous prendre en photo, je dois avoir une tête de sauvage; mais je dois avouer que ce rôle ne me demande aucun effort. Fièvre et début de bronchite je me couche à 17h avec polaire et couvertures. 12 heures après tout est presque rentré dans l'ordre.




- Cormillas le 3/7 : il fait beau, je retrouve Laure,Thibault et le jeune surdoué. Le jeune homme m'explique en larmes qu'il va abandonner le chemin,trop d'émotion pour lui. Je le soupçonne d'être tombé amoureux de Laure. Le camino n'est pas un long fleuve tranquille




- Colombres - Villaviciosa du 4 au 8/7 : Durant la première étape, forte agréable je chemine le long de la côte. Le Camino monte et descend fortement, je découvre Luis et son salon presque en dehors du GPS dans un petit village. Lianes, crachin normand toute la journée, nous sommes au pays du cidre espagnol avec leur curieuse façon de le servir. Je chemine depuis quelques jours par intermittence avec un couple d'italien fort sympathique nous nous sommes rencontrés aux "puces". Pendant les deux étapes suivantes, je peux admirer un grand nombre d'Horreos et me détendre sur les plages de Celorio, je franchis la barre des 1500 km...avec zéro ampoule !! La recette : Chaussettes à l'envers pour éviter les coutures, crème NOK matin et soir et à la moindre sensation d'échauffement, pansement maintenant et tout de suite. Aujourd'hui je quitte mes compagnons du chemin du camino Del Norte pour le camino primitif et...je me trompe de chemin. 4 ou 5 km de plus ce n'est pas grand-chose. Mais en fin de journée c'est un supplice.




- Oviedo le 09/07 : l'époque du salon espagnol à l'étage est révolue, ils sont au top avec des horaires complètement adaptés, des coupes structurées, des couleurs et des mèches survitaminées. Les prix eux sont de 20 à 30% moins chers que chez nous. Je retrouve Laure et Thibault, et c'est ensemble nous posons notre pied sur la borne zéro du chemin primitif.




- Grado : Dans une pension je rencontre trois Allemands. Il est amusant de constater qu'après quelques pintes de bière nous parlons tous la même langue. Le lendemain j'avais décidé de prendre un GR bien plus agréable que le Camino goudronné et mes nouveaux amis décident de m'y m'accompagner. Mon pas étant plus vif que le leur, j'ai accéléré la cadence pour cette fin de journée. Résultat, ils sont arrivés deux heures après moi. J'avais donc perdu des amis, mais vengé Patrick Battiston. Lorsque l'on rencontre des pèlerins les questions sont les mêmes, ce n'est pas qui tu es; tout le monde s'en moque, ou tu vas, on va tous au même endroit , mais d'où tu viens et les kilomètres parcourus fixent la hiérarchie entre Pellegrinos.




- Grado > Salas : je rencontre beaucoup de nouveaux pèlerins qui partent d'Oveido pour les 14 derniers jours avant Santiago. C'est dans une pension de chambre mixte de 2 ou 4 personnes que j'échappe de justesse à une dame qui m'invite à dormir dans sa chambre. Je me réfugie dans la chambre des Australiens Rom et Domi ainsi que de Kitty, jeune et jolie Anglaise, qui dormira sur le lit au-dessus de moi, mais au milieu de la nuit son nez jusque qu'alors silencieux émet des mugissements d'un taureau en colère et traverse, mais boules Quiès




- Tineo : je prends de la hauteur pour rallier cette étrange ville accrochée au flanc d'une colline et je décide de m'offrir un véritable Palacio à...49e !! Je dois souligner que sur le Camino parfaitement fléché les Espagnols font un maximum d'efforts pour vous, il est vrai que celui-ci permet à des petites villes et villages de tenir le coup dans cette période de crise avec des horaires et des prix très adaptés.




- Pola de Allende le 14 juillet : cette journée est physique, mais je suis récompensé par la beauté des paysages et mes petites douleurs sont vites oubliées




> de La Mésa à Cadavo : rencontre avec deux sympathiques Suissesses, Catherine et Rachel. Grandas les Salime : les paysages sont prodigieux, je chemine sur des tapis de bruyères en fleurs avec au second plan des lacs et des étendues d'eau. Je croise Rice, un véritable athlète hollandais qui parcours son deuxième Camino. Catherine vie un cauchemar avec ses pieds. L'hospitalier de l'auberge appelle le médecin qui la dirige immédiatement vers l'hôpital, on ne mesure pas leurs importances dans la vie quotidienne. La pudeur du pèlerin ne passe pas par les pieds, la rapidité avec laquelle ils enlèvent leurs chaussettes pour vous montrer leurs ampoules et prodigieuse




> Cadavo : aujourd'hui c'est très difficile, 32 kms, 1600 m de dénivelés cumulés et 34° à l'ombre sans ombre ont raison de moi. J'arrive épuisé à mon étape ou je rencontre une nouvelle fois la Guardia civile qui à pied, à vélo, ou bien même à cheval assure la sécurité sur le Camino. L'Espagne aime ses Pellegrinos




> Lugo : cette ville médiévale avec sa cathédrale et bruyante,animée, joyeuse, tout simplement magique... J'ai pu me régaler avec les spécialités galiciennes; nous sommes à 100 km de Santiago le minimum à parcourir pour avoir le Graal ( la Compostella ) qui ferai parait-il du plus bel effet sur un CV et de jeunes Pèlerins arrivent sur le Camino.




> Medine : tous les chemins se croisent, c'est la folie, on dirait une colonie de vacances pour adultes. À l'endroit où je m'arrête, la nature est envahie par les déchets, les pèlerins sont des porcs comme les autres. Je suis désorienté par le bruit et je me laisse emporter par la vague pèlerine. On trouve des familles, des pèlerins sur des chevaux, d'autres avec des accoutrements insolites, des cycliste, etc... Je me sens seul mais dans deux jours je suis à Santiago




... À suivre ! ...