Un coiffeur assommé par le RSI préfère fermer son salon avant qu'il ne soit trop tard !

Par Thibaut Le Pellec, le 05/05/2015 à 10h14 - Expert Zone

Le RSI, c'est la bête noire des entrepreneurs en France... Et ce n'est pas Jean-François Boizot, coiffeur, qui vous dira le contraire... En effet, assommé par les cotisations hallucinantes du RSI, ce coiffeur a préféré fermer les portes de son salon "avant qu'il ne soit trop tard". 

Coiffeur RSI


De 2008 à 2015, ce coiffeur courageux a tenu le salon Jeff et Moi d'un centre commercial de la ville de La Colombière. Une affaire qu'il a du fermer à contrecœur, tant la pression fiscale exercée par le RSI est importante : "Je réalisais un chiffre d’affaires de 70 000 € pour un bénéfice de seulement 12 000 €, et sur cette somme, je donnais 48 % de RSI. Au final, il ne me restait pas grand-chose pour vivre. J’ai tenu deux ans comme ça, j’ai passé tout l’argent de la vente de mon appartement et c’est pour ça que j’ai préféré arrêter" déclare le coiffeur. 
Les banques n'ont pas épargné l'entrepreneur... Les facilités de découvert qui lui avaient été accordées ont bien vite été restreintes : "De 2010 à 2015, j’ai enregistré un total de 10 000 € de frais liés à des courriers, des découverts… Quand j’ai commencé, on avait droit à des découverts importants, ce qui permettait de jongler, mais dernièrement, je n’avais plus que 1 000 € autorisés et par conséquent, les frais, c’était tous les jours !"

En 2013, le chef d'entreprise prend une décision radicale, se séparer de son unique employé. Une décision qui n'a rien arrangé à la situation : un employé en moins, c'est autant de chiffres d'affaires qui disparait. Alors soit, on augmente son bénéfice, mais le RSI également augmente... Un jeu à somme nulle en somme. Le 16 Mars, il décide donc de placer sa société en liquidation, demandant au juge 3 semaines de délai pour l'annoncer à sa clientèle. Il a repris aujourd'hui un emploi de coiffeur salarié, et a retrouvé l'esprit libre : "Je vais enfin avoir l’esprit libre et pouvoir me consacrer à mon métier et non plus à l’administratif. Je vais retrouver une équipe et je suis heureux de voir que mes clientes me suivent.". 

Une décision néanmoins compliquée à assumer pour ce coiffeur, qui aurait préféré que les 10 ans de sa vie qu'il a passés dans son salon se terminent de manière plus joyeuse. Un grand merci à Jean François pour son témoignage, dans lequel de nombreux coiffeurs vont se reconnaître j'en suis sûr !