Y a-t-il trop de coiffeurs en France ?

Le 19/01/2016 à 10h32 - Expert Zone

Un article qui est sorti dans le quotidien Ouest France, et qui nous a fait nous poser du nombre de coiffeurs en France... En effet, le quotidien se penche sur le nombre de coiffeurs installés dans la ville du Mans. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les chiffres sont éloquents. En effet, la ou il y a 20 ans, il y avait 1 coiffeur pour 1100 habitants, la ville compte aujourd'hui pas moins de 1 coiffeur pour 800 habitants. 180 coiffeurs en salon, et au minimum 20 coiffeurs à domicile arpententent les rues de la ville... D'ou la question que nous nous posons : y a-t-il trop de coiffeurs en France ? 




Le premier constat qui se pose à nous, c'est que même si la profession est réglementée, dans le sens où il est nécessaire d'obtenir un diplôme pour pouvoir exercer, on ne maîtrise absolument pas le nombre de professionnels qui sont mis sur le marché chaque année. Pire encore, de plus en plus de coiffeurs non diplômés (et souvent non déclarés) coiffent et viennent encore grappiller des clients aux coiffeurs installés, avec des prix défiants toute concurrence (les charges n'étant pas les mêmes). Et cela n'est pas près de s'arrêter. En effet, Emmanuel Macron, ministre de l'économie s'est mis en tête de déréglementer l'accès à la profession au travers de son projet de loi NOE (mais de nombreuses rumeurs l'annoncent sortant du gouvernement, affaire à suivre). 
La deuxième question à se poser est "qu'en est-il de l'accès à la profession ? La réglementation d'entrée sur le marché doit-elle perdurer ?". De nombreuses voix discordent sur le sujet. Si la déréglementation complète du marché est une solution enviable pour le client final (qui verrait au passage une baisse significative du prix des coupes), celle-ci n'est absolument pas envisageable pour les coiffeurs, qui peinent déjà à joindre les deux bouts... Mais en même temps, le système actuel a montré ses failles : l'entrée sur le marché est réglementée par l'obtention du diplôme, pourtant, cela n'empêche pas de nombreuses personnes d'opérer au black, et sans diplôme. Une augmentation des contrôles ? Effectivement, ça serait la la solution. Mais comment contrôler alors que quasi 100% des coiffeurs sans diplômes ne sont pas déclarés ? 
Un numerus clausus serait-il la solution ? Même si cette solution est largement enviée des coiffeurs, nous na déconseillons largement ! En effet, un numerus clausus a pour effet de protéger les acteurs en place. Mais est également une affreuse barrière à l'entrée pour toutes les nouvelles générations, qui essaient de rentrer sur un marché. En effet, comparons la situation aux chauffeurs de taxi, et aux jeunes qui doivent débourser parfois plus de 200 000 euros pour acheter une plaque... Appliquez cela à la coiffure, vous obtiendrez des pas de porte à des montants astronomiques, qui empêcheront la coiffure de se renouveler, et qui auront l'effet contraire de celui recherché : l'explosion des prestations non déclarées. 

Nous avons beau creuser, nous n'avons malheureusement pas de solution à vous apporter. Mais le constat est posé, le marché ne peut ni être dérèglementé ni rester en l'état, il en va de la survie des coiffeurs, qui sont de plus en plus nombreux à se partager une part de gâteau toujours plus petite... 
Et vous, vous avez une solution à nous proposer ?