Burn out dans la coiffure, une réalité ?

Le 16/01/2017 à 10h41 - Expert Zone

C'est un sujet qui semble passionner autant qu'il fait débattre, le burn-out dans le monde de la coiffure. En effet, si pendant des années ce phénomène a été minimisé, il semblerait que la profession s'intéresse enfin à ce sujet, l'UNEC allant même jusqu'à mettre en place une cellule dédiée au traitement de cette pathologie. Et pour cause ! La coiffure est un métier de passion, et qui dit passion dit que l'on peut rapidement être confronté à un épuisement professionnel réel... Le magazine mag Look Coiffure et esthétique publie à ce sujet un dossier passionnant, dont nous vous avons extrait les enseignements ci-dessous. 


Comment reconnaître le burn-out ? 

Pour bien reconnaître le burn-out, il faut avant tout comprendre le burn-out. Cette maladie se déclenche suite à une exposition prolongée et constante au stress sur le lieu de travail. Généralement, cette maladie se déclenche sur des métiers à forte sollicitation mentale, émotionnelle et affective (qui a dit coiffure ?). Les personnes identifiées comme "à risque" sont les personnes qui s'investissement beaucoup dans leur travail (re-qui a dit coiffure ?). 
En France, on parle de près de 3 millions de personnes atteintes par cette pathologie. Et la coiffure st loin d'être en reste, avec 16% des patrons et 23,5% des salariés soumis à cette maladie (selon une étude de l'assurance maladie). Des chiffres qui font froid dans le dos, et qui tordent le cou aux idées reçues : contrairement à ce que l'on pourrait croire, la situation "précaire" des patrons ne les expose pas plus au burn-out que leurs salariés, c'est même l'inverse... "Le contact avec le public est un facteur aggravant parce qu’il faut s’adapter à l’humeur des clients" déclare le docteur Cherifa Laid, médecin du travail. 

Le burn-out n'est "pas un simple coup de fatigue" déclare le docteur Kouid Bertah. "Quand l’entrain disparaît, que tout devient pénible, qu’on a du mal à se concentrer, le regard qui se perd dans le vague…". De nombreux signes permettent l"identification du burnout d'une personne : si un coiffeur répond non chalament "ouais" à la question "Bonjour, vous allez bien ?". Si il oublie la couleur d'une cliente régulière, si il se fiche de conseiller sa cliente... Autant de signes avant-coureurs qui doivent vous mettre la puce à l'oreille. 
Certains signes purement physiques doivent également vous alerter : apparition d'eczéma, troubles digestifs, baisse de protection du système immunitaire... Si vous ou l'un de vos collègues se trouve dans ce cas de figure, il faut réagir ! 


Comment éviter le burn-out ? 

Tout d'abord, il est important de bien cadrer le temps de travail. Il est primordial de bien respecter les pauses, même si le salon est en période d’affluence. Le gérant du salon doit "bien définir les horaires, anticiper et par exemple mettre une personne supplémentaire certains jours de la semaine" déclare le docteur Cherifa Laid. Et s'y tenir, malgré un contexte économique morose qui fait que l'on a toujours tendance à en demander un peu plus !
Il faut également assurer l'équité entre les personnes. Hors de question que ce soit toujours les mêmes collaborateurs ouvrent / ferment le salon. Il faut également mettre en place une stratégie de gratification des employés pour les services rendus... Et surtout, changer de point de vue sur cette maladie : ne pas aller bien est encore, dans nos sociétés, vécues comme un signe de faiblesse. Les personnes préfèrent donc tirer chaque jour sur la corde par peur de perdre leur emploi, quitte à la ronger un peu plus chaque jour, et qu'elle lâche "sans prévenir". 
Bref, soyez attentifs, regardez autour de vous. Difficile à intégrer quand on est manager, mais gardez toujours à l'esprit qu'il vaut mieux perdre 1/2 journée de travail, que de prendre un arrêt maladie à durée indéterminée...