Les étudiants en BP ne trouvent plus de salons pour leurs apprentissages...

Le 13/11/2014 à 10h08 - Expert Zone

On le sait maintenant depuis un petit moment, la formation dans le monde de la coiffure est à revoir dans son intégralité (c'est d'ailleurs l'un des projets prioritaires de l'UNEC). En effet, les matières enseignées et la faible valeur ajoutée du BP face aux conditions réelles de l'entrepreneuriat nous font penser qu'une refonte du système éducatif serait de bonne augure. Mais un problème plus important plane actuellement sur le monde de la coiffure : les salons ne recrutent plus d'apprentis en phase de passer le BP...

"Avec tous ces salons de coiffure qui existent, je ne comprends pas pourquoi personne ne veut me donner ma chance" soupire Marine, 18 ans, qui se rêve depuis toute petite coiffeuse. Il faut dire que l'on comprend son désarroi. Elle a en effet envoyé pas moins de 60 candidatures dans les 60 salons de son département, mais rien n'y fait, aucun salon n'accepter de la prendre en apprentissage pour valider son BP... Depuis septembre, Marine est inscrite au CIFA Jean Lameloise de Mercurey afin de préparer son brevet professionnel (qui rappelons le est un diplôme de niveau IV obligatoire pour pouvoir être le gérant d'un salon de coiffure). "J’avais trouvé un salon qui me prenait à Buxy, mais la patronne a changé d’avis et je me suis retrouvée sans entreprise. Aujourd’hui, je ne peux pas retourner à l’école tant que je n’aurais pas trouvé de maître d’apprentissage" s'inquiète Marine, découragée par les absences de réponse des salons auxquels elle a postulé. 
Mais le cas de Marine n'est pas un cas isolé. En effet, la directrice de l'établissement souligne que les maîtres d'apprentissage se font de plus en plus rares : "Les années précédentes, les trois quarts de mes élèves partant sur un brevet trouvaient une entreprise. Cette année, seule une a réussi à trouver. C’est significatif !". La branche locale de l'UNEC abonde dans ce sens, en déclarant que les gérants de salon préfèrent recruter des apprentis plus jeunes, qui sont en train de passer le CAP, afin de toucher davantage de subventions de la part de l'état, de la région, ou de fonds divers et variés. 

Les coiffeurs de leur côté se réfugient derrière l'argument du manque de temps. Notamment depuis quelques années, où le maître d'apprentissage participe à la notation de l'élève. D'autres évoquent les tracasseries administratives engendrées par le recrutement d'un apprenti, un manque de visibilité à moyen terme sur la viabilité de leur entreprise, ou encore une hausse trop importante et trop régulière des charges. Pourtant, le contexte démographique devrait être favorable au recrutement d'apprentis. En effet, de nombreux coiffeurs arrivent en âge de partir à la retraite, et la question de la reprise du salon est plus que jamais d'actualité. "Un coiffeur préférera toujours transmettre son bébé à son apprenti qu’à un tiers" déclare d'ailleurs l'UNEC Bourgogne.

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