Travail le Dimanche, qu'en pensent les coiffeurs ?

Le 16/02/2015 à 10h16 - Expert Zone

C'est le débat du moment, le travail le dimanche. La loi Macron est en effet sur le point d'être ratifiée, et celle-ci prévoit entre une extension de l'ouverture dominicale à 12 dimanches par an, au lieu de 5 actuellement pour les commerces situés dans des zones non touristiques (les commerces situés dans les zones touristiques type boulevard Hausmann, ou Champs Elysées auraient une dérogation pour ouvrir tous les jours de l'année).
Une petite révolution, qui a ses partisans et ses détracteurs. Mais cette modification de la loi est-elle applicable partout, et en particulier dans les salons de coiffure ? Nous avons fait le tour de la question... 

Travail le dimanche salon de coiffure


Le dimanche, 2ème jour de consommation de la semaine ? 

Dans beaucoup de pays, les magasins sont ouverts 7 jours sur 7, 365 jours par an, salon de coiffure compris. C'est le cas par exemple des Etats Unis, ou nous avions la possibilité d'aller nous faire coiffer le dimanche, comme je vous le reportais sur cet article. Pour les clients, clairement un grand avantage, plus besoin de se soucier du jour de la semaine pour aller faire ses courses / achats. Et pour les commerçants, et bien un grand avantage également. En effet, tous les commerçants qui ouvrent le dimanche vous le diront : c'est le 2ème jour de plus grosse activité de la semaine après le samedi. La raison ? Les "cols blancs" qui eux sont en week-end le samedi et le dimanche disposent de temps pour se déplacer et venir acheter dans les magasins sur 2 jours au lieu d'un. Cela permet de multiplier les achats, ou de les étaler sur 2 jours. 
Il en est de même pour la coiffure, l'ouverture le dimanche peut avoir 2 conséquences : l'ajout d'un 2ème jour d'activité important dans la semaine, ou le désengorgement du samedi au profit du dimanche. Dans les 2 cas de figure, le coiffeur, qu'il soit salarié ou gérant y gagne. En qualité de travail, ou en revenu. Un bon point donc pour les coiffeurs


Le dimanche, les coiffeurs sont-ils mieux payés ? 

La grande question que tout le monde se pose, c'est de savoir si les salariés auront une compensation financière pour travailler le dimanche. Selon le gouvernement, des accords de branche seront négociés avec les syndicats. On se demande d'ailleurs quel syndicat sera consulté maintenant que l'UNEC a implosé. Mais quoi qu'il en soit, des compensations financières sont prévues pour les travailleurs du dimanche, et seront donc négociées. 
Un bon point pour les coiffeurs qui souhaiteraient augmenter leur revenu en travaillant le dimanche. 


Mais chaque situation doit être prise en compte... 
Mais le vrai questionnement qui se pose, c'est de savoir si les gérants auront la possibilité d'imposer à leurs salariés de venir travailler le dimanche (comme c'est déjà plus ou moins le cas dans la coiffure à l'approche des fêtes de Noël). Et c'est là que toute la problématique de l'ouverture du dimanche se cristalisent. Est-il possible de faire des cas particuliers ? Prenons 2 cas de figure qui peuvent se côtoyer dans un salon :
Une jeune coiffeuse de 19 ans, couple sans enfant, dont le copain travaille dans une boulangerie. Le dimanche pour cette personne n'est pas synonyme de journée de repos en famille, et elle sera probablement très heureuse de pouvoir travailler le dimanche, d'augmenter son revenu et de profiter d'un autre jour de congé en commun avec son petit ami. 
En revanche, une coiffeuse plus expérimentée avec des enfants et un mari ne travaillant pas le samedi et le dimanche ne verra pas d'un bon oeil le travail du dimanche. En effet, il s'agit du seul jour de la semaine ou elle peut se retrouver en famille et profiter de ses enfants et de son mari. 


La vraie question dans le monde de la coiffure est donc de savoir si les gérants auront ou non la possibilité d'imposer le travail le dimanche. Mais connaissant les coiffeurs et leur côté social surdéveloppé, nous sommes surs que cette question ne se posera pas, les cas individuels seront sûrement étudiés au cas par cas par les gérants !